Témoignage d’une étudiante boursière de Gowharshad
MS, étudiante en langue et littérature anglaise
« Pour venir en Iran, j’ai passé les sept épreuves de Rostam : de nombreux obstacles et de restrictions. Je remercie Dieu à chaque moment pour cette opportunité qui m’a été offerte. J’ai commencé une nouvelle vie en venant ici. Vivre loin des bruits des attentats m’est comme un nouveau commencement. Parfois ma mère me manque beaucoup. C’est normal. Je sais pouvoir surmonter cette épreuve et réaliser l’objectif que j’ai choisi pour ma vie : devenir une femme forte et indépendante. Je suis heureuse. Je me sens l’une des filles les plus heureuses de mon pays ».
« Au début, tout était nouveau pour moi à l’université. Le premier jour où je suis entrée dans la salle de cours, j’avais beaucoup de stress. En écoutant le premier prof, je me demandai comment je pourrais m’adapter aux méthodes de ces professeurs sérieux de haut niveau. Les premières semaines étaient très stressantes, vraiment difficiles, mais peu à peu tout cela est devenu normal. La première présentation que j’ai faite en cours devant les étudiants a été très éprouvante. J’étais anxieuse. Au début je n’osais pas participer aux activités proposées par les enseignants en classe. Le stress m’empêchait de m’exprimer. Maintenant j’ai l’impression d’avoir laissé tout ce stress derrière moi. Je suis entrée dans une nouvelle saison ».
Expulsion des Afghans en Iran
« Nos » étudiantes connaissent la vulnérabilité des réfugiés afghans, devenus des boucs-émissaires pour toutes les crises qu’affronte la société iranienne.
Paradoxes : nos étudiantes ne risquent pas l’arrestation vu leur statut ‘étudiant’, leur genre (les étudiants afghans n’ont pas été épargnés par les arrestations massives ces derniers mois) et leur titre de séjour étudiant. Mais la propagation de haine contre les immigrés afghans en Iran en 2025 affecte nos étudiantes. Elles témoignent de l’humiliation et la discrimination à leur égard dans l’espace public, en particulier dans les parcs publics. R. H. se confie ainsi : « Nous préférons rester durant le week-end et les jours fériés sur le campus de l’université car ici on se sent en sécurité et on évite les regards et les paroles méprisantes et insultantes des gens dans les jardins publics ».


